"Peut-être qu'on aime la douleur, peut-être qu'on est fait comme ça. Parce que sans elle, je ne sais pas.. peut-être qu'on ne se sentirait pas vivant. On peut se demander : pourquoi on continue à se taper la tête contre les murs? Parce que ça fait tellement de bien quand on arrête."

L'amour inavoué d'un couple fait l'un pour l'autre mais cloîtré dans le même silence.
Il existe de jolies histoires, où deux destins sont sans cesse et irrévocablement rappelés l'un à l'autre, comme si ces deux âmes étaient condamnées a rester face à face dans une éternité trop courte.
Mais parfois, il est peut-être préférable que deux personnes restent éloignées l'une de l'autre, peu importe qu'elles soient faites pour être ensemble . Juste... Pour éviter de se faire du mal... Pour éviter de faire souffrir des innocents, trop impliqués...
Aylan Harris et Cameron Swan se connaissent depuis longues années, où ils ont étaient a tour de rôle, le confident, le déteneur des secrets. Car, à 18 ans, les adolescents ont tous deux un noir et douloureux passé.
Alors qu'Ayli sent peser sur ses frêles épaules, l'hérédité de la maladie familiale, qui a déjà térassée son père et son frère, Cam', lui, est à la recherche de son frère jumeau, que sa mère biologique a emporté avec elle, lors de sa disparition. Unis dans des souffrances à la fois parallèles et semblables, ils se sont donc trouvés et partagent une relation des plus fusionnelles, devenue l'essentiel de la vie de chacun.
Aylan et Cameron sont irrémédiablement faits l'un pour l'autre. C'est une évidence qui n'échappe a personne.
D'ailleurs, les deux seules personnes a l'ignorer dans le monde entier sont... Aylan et Cameron.





Aylan Harris <= Sophia Bush
Cameron Swan <= Jensen Ackles


& Others

Louane Swan <= Kirsten Bell
Joyce Peters <= Hilarie Burton
Andréaa Willburn <= Tom Welling
Sofia Harris <= Evangeline Lilly


[ . . . ]



"Je... Je crois que parfois, notre bonheur, implique aussi les larmes des autres."




Par la créatrice de :
- Laisses moi le temps
- Heros de roman de gare
- Les frontieres du temps
- Reveil d'ange


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Vidéo par Elle. 1OOO fois merci.



ADY.

# Posté le samedi 14 février 2009 10:55

Modifié le jeudi 26 mars 2009 13:30

EPISODE 1 - PARTIE 1

EPISODE 1 - PARTIE 1
EPISODE 1 - PARTIE 1

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Episode 1 : [ Si tu n'existais pas... ]

Musique : [ Snow Patrol / Run ]

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Il arrive parfois, qu'on souhaite demeurer dans cet univers fantastique, que la nuit seule sait nous apporter. On voudrait ne jamais se réveiller, de peur que tout ce qu'on a vu, tout ce qu'on a touché, tout ce qu'on a obtenu, et réussi, ne soit que d'innombrables illusions, n'appartenant qu'au domaine du rêve. Pour Aylan Harris, tout est différent. Si son sommeil est animé par de nombreux cauchemars, dont la plupart sont des vestiges de son passé, son réveil est la plus belle chose quelle puisse désirer. En ouvrant, les yeux chaque jours, elle sait que c'est une nouvelle victoire sur la maladie -la Chose, comme elle l'appelle-, qui tôt ou tard, aura le dessus sur elle. Les matins, comme aujourd'hui en particulier, lui font aimer la vie. Ses longs cheveux, noirs comme l'ébène, lui chatouille le nez, qu'elle retrousse, gêné. Elle ouvre doucement les yeux mais finit par les refermer, le soleil, passant mesquinement par la fenêtre, l'agressant cordialement. Elle émet un léger grognement, et dans les draps, un autre corps bouge. La main qui était posée sur le ventre de la jeune fille, caresse tendrement sa peau, et le bras sur lequel elle avait posé sa tête, remue de manière a compresser ses doigts dans la tignasse emmêlée d'Aylan. Elle se tourne doucement vers lui. Il dort encore, malgré le léger dérangement, qu'elle a causé. Elle sourit vivement. Sans vouloir se l'avouer, elle sait que cet instant est le meilleur de sa journée. Elle adore littéralement le regarder dormir. On dirait un enfant. Et puis c'est la seule manière de voir Cameron quitter son rôle de protecteur. Endormi, il a l'air tellement vulnérable, tellement fragile, comme tout le monde. Brusquement, Aylan prend conscience de l'heure. Elle s'assied au bord du lit et enfile une chemise. Elle ne lui appartient pas, mais à première vue, son tee-shirt a disparue. Tant pis. Elle s'apprête à attraper son jean, échoué sur une chaise quand son élan est brutalement stoppé par une main lui empoignant l'épaule.

- "Et où tu comptes aller, comme ça?" Demandes Cameron de sa voix rauque et matinale.

Aylan se lève; il faut qu'elle se rhabille.

- "J'ai oublié d'appeler ma mère hier : Elle ignore que j'ai découché." Murmures t-elle.

- "Tu passes toutes tes nuits ici : Elle sait où tu es!" Gronde le jeune homme en s'adossant contre la tête du lit.

- "Elle va s'inquiéter, tu la connais." Rappelles t-elle doucement.

Il se penche vers elle, avec des yeux suppliants, qu'elle tente d'ignorer. Il prend sa main dans les siennes, et lève le regard sur elle.

- "S'il te plait, restes. Encore un peu. Pour le petit-déj', au moins!"

Il a usé, de cette voix éraillée, sachant parfaitement, qu'elle n'y résistera pas, qu'elle l'aime trop pour lui refuser quoi que ce soit. Elle soupire doucement, et déjà, il sait qu'il a gagné. Il l'attire alors contre lui, pour la faire tomber dans le grand lit. Dans un rire cristallin, la jeune fille s'écroule dans les bras de Cameron qui ne cache pas le bonheur que lui procure cette proximité inexistante. Elle se penche sur lui, et fais semblant de ne pas voir que son ami frisonne. Elle colle son front a celui du jeune homme et ferme douloureusement les yeux. Ses sourcils froncés, jure avec son visage d'opaline. Cameron sait parfaitement que ce petit bout de femme, à la fois tellement fragile et courageuse, sombrera, peu importe les efforts qu'elle déploie, dans la folie familiale. La maladie d'Huntington, a emporté le pasteur Harris, lorsque Aylan avait deux ans. La souffrance avait résidé donc, plus dans l'absence d'un père que dans des souvenirs douloureux. Par contre, pour Nate, cela avait été différent. La peine avait unie la fratrie Harris, l'aîné désirant protéger par tous les moyens, sa soeur, de deux ans sa cadette, de la mortuaire et frénétique valse familiale. Mais deux ans, plus tôt, Nate avait trépassé à son tour, laissant à Aylan, peu d'espoir de vaincre la maladie. Rare, et impossible à soigner, la Chose ne laissait aucun survivant. Elle commencerait par lui faire perdre innocemment l'équilibre, puis Aylan sera sujette à des gestes brusques, qu'elle ne pourra contrôler. Et quand elle commencera a avoir des propos incohérents, a hurler sans raison, on la placera dans un centre spécialisé, où les médecins découvriront avec stupeur, la horde de tumeurs qui aura prit place dans le cerveau déglingué de la jeune fille. Le scénario, elle le connaît par coeur. Le seul élément manquant, réside dans la date de la tragédie. Elle soupire, et a califourchon sur Cameron, elle étire son corps fin, pour poser sa tête encore en état, au creux de l'épaule du garçon. Parfois, elle se dit, que c'est là, sa véritable place : Dans les bras de Cameron. C'est le seul endroit où elle a la sensation d'être une adolescente normale, et non une mourante, dont on prépare déjà l'enterrement. Il passe une main dans ses cheveux en embrassant sa tempe et la vie semble soudainement prendre tous son sens. Brusquement, l'instant magique se rompt, avec l'interruption d'une petite créature, à la voix rauque et aux cheveux d'or.

- "Le petit-déjeuner est prêt." Grogne Louane avant de quitter la pièce.

La plus vieille des enfants Swan, est une adorable colérique, que personne ne peut haïr. Sage, et studieuse, tous ses actes, semblent doués d'une parfaite raison. Elle fait toujours ce qu'il y a à faire, et ne peux se résoudre a juger qui que ce soit. Sauf lorsqu'il s'agit de son frère, et de cet amour qu'il s'évertue a tenter d'ignorer. Lou adore Aylan, qui est sa meilleure amie depuis bien des années. Mais, elle sait aussi que cette amitié qui n'en est pas réellement une, et toutes ces nuits qu'ils passent à s'embrasser, a s'aimer sans conscience, dépassent l'innocence de l'enfance, et qu'un jour tout s'arrêtera. Et que ce même jour, l'une des eux personnes qu'elle aime le plus au monde, en sera détruit. Alors elle s'efforce à être celle qui les sépare, même si elle n'aime pas ce rôle. Cameron arrive dans la cuisine, tenant par la main la petite Aylan. Ils s'assoient tous deux face la soeur du jeune homme qui pose deux tasses de cafés sur le comptoir. A celui d'Aylan, Cameron s'empresse d'ajouter, un sucre, un peu de crème sur le dessus, et une soupoudrée de cannelle. Elle le remercie dans son habituel sourire timide.

- "Et si c'était Joyce qui était rentré dans votre chambre, a ma place?" Peste Lou en portant sa propre tasse à ses lèvres.

Cameron hausse les épaules, en mordant avec hargne dans un toast qu'Aylan vient de recouvrir de confiture.

- "Un jour, ça arrivera, et elle vous massacrera littéralement. Et je ne ferais rien pour protéger vos fesses." Assure de nouveau, la petite blonde.

Légèrement effrayée, Aylan se tourne vers Cameron, qui plein d'assurance, la rassure, en secouant la tête : Ca ne se produira pas.

- "Merde, pourquoi vous obstinez vous a tenter le diable, sans cesse?" Hurle t-elle plus colérique qu'auparavant.

- "Calme toi, Louane." Articule doucement Cameron en se levant.

- "Ca vous tuerez de passer une nuit l'un sans l'autre, de ne pas vous retrouver nus dans le même lit?" Ayli rougit, alors que les cris de Lou n'on fait que commencer. "Ca ne vous faits donc rien de faire souffrir ceux qui vous entourent? Joyce ne mérite pas ça, bon sang..."

La colère s'est aussi insinuée dans les traits de Cameron.

- "Joyce n'a rien avoir avec cette histoire. Et au passage, toi non plus, alors arrête un peu, de tenter de comprendre. Et si t'es incapable de saisir tout ça, alors ne nous juge pas."

Louane sert les dents. C'est vrai qu'elle ne comprend pas, toute cette relation étrange qui les unit tous deux.

- "Vous voulez la vérité? Vous êtes des putains d'égoïste qui ne pensez qu'a vous. Et le jour, tout sera fini, je ne veux qu'aucun de vous, ne vienne me voir pour ramasser les pots cassés. Je vous aurais prévenus." Crache t-elle avant de quitter la pièce.

Elle a laissé une certaine tension dans la grande cuisine américaine, et Aylan, a qui Lou a donné à réfléchir, s'empresse de terminer son café, avant de se lever distraitement.

- "Il faut que j'y aille." Marmonne t-elle, en disparaissant dans la chambre de Cameron.

- "C'est a cause de Louane?" Demande t-il quand elle revient, en boutonnant son jean. "Tu la connais, elle nous fait sa petite crise un jour sur deux..."

- "Non, c'est pas ça. Il faut que je rentre." Assures t-elle en enfilant sa veste.

Il se lève et la serre contre elle. Les moindres instants sans elle, sont un véritable tiraillement dans son ventre, que lui même ne serait expliqué. Il l'embrasse sur le front.

- "Ce n'est que de la jalousie." Murmure t-il suavement à son oreille.

Elle hoche la tête peu sûre.

- "On se voit au lycée." Chuchote t-elle.

Il acquiesce en la ramenant jusqu'à la porte. Sur le seuil, il se retiens pour ne pas lui demander de rester : Joyce ne devrait plus tarder. Il se penche sur son petit corps pou l'embrasser, mais elle le repousse gentiment. Une fois sortie de leur intimité, les gestes d'affection ne sont plus permis. Ce n'est pas vraiment une relation secrète, mais plutôt une chose étrange qu'ils partagent, sans en toucher un mot de peur que les autres ne comprennent pas, comme Lou. Elle est la seule personne qui sait ce qu'ils trafiquent dans le dos de tout le monde, et sa réaction ne les aide pas réellement à en parler. Aylan s'éloigne, et elle est encore visible, quand la douleur s'éprend du ventre de Cameron. Dans ses moments là, il voudrait lui courir après, la ramener vers lui. Mais il sait qu'elle ne désire qu'il s'accroche plus qu'il ne l'est déjà. Et puis il n'y a pas qu'elle. Justement, en tournant la tête de l'autre côté de la rue, il aperçoit la grande blonde, qui lui fait signe. Parfois il la déteste, simplement parce qu'elle est l'exact contraire d'Aylan. Blonde, forte, courageuse, entreprenante, optimiste et euphorique. Il a la sensation qu'elle n'est là que pour marquer le contraste. Mais Joyce est tellement sûr d'elle, sûre de son couple, que parfois il est douloureux de lui mentir, de la laisser dans l'ignorance. A quelques mètres de lui, elle accourt pour sauter dans ses bras. Elle croit tellement en lui. Belle naïveté.


# Posté le mercredi 18 février 2009 09:52

Modifié le jeudi 26 février 2009 12:25

EPISODE 1 - PARTIE 2

EPISODE 1 - PARTIE 2
EPISODE 1 - PARTIE 2

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Episode 1 : [ Si tu n'existais pas... ]

Musique : [ Damien Rice / Blower's Daughter ]

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Quelques centaines de mètres à peine séparent sa maison de la villa de Cameron. Elle pourrait les parcourir en une minute, en se dépêchant un peu. Mais ce matin là, son pas est lent : Elle a besoin de réfléchir grandement. Être l'égoïste qu'a décrit sa meilleure amie, la terrorise. Elle sait que cette étrange relation avec le garçon, est loin d'être catholique, honorable et respectueuse envers les autres. Elle sait aussi, que la bulle dans laquelle ils vivent tous deux, ne tiendra pas éternellement. Mais ce qu'elle sait surtout, ce qu'au delà, de toute la volonté dont elle sait faire preuve, elle est incapable de vivre sans lui. Dans un geste vif, elle ouvre sa porte d'entrée, et fait son maximum pour gagner sa chambre, à l'étage en quelques secondes. Mais Aylan, qui pensait avoir réusi à échapper au piège maternel, sursaute en apercevant une grande brune dans le fauteuil près de son lit. Ses traits rappellent nettement ceux d'Aylan. Sofia Harris, est d'une beauté fracassante. Elle n'affiche nullement ses 40ans bien tassés. La douleur l'a rendue belle semble t-il. Après avoir perdu l'homme qu'elle aimait, puis son fils, elle est aussi une mère protectrice envers le dernier chénon de sa famille. Elle tente tout de même de laisser une vie à sa fille, et a une confiance aveugle envers Cameron, qu'elle perçoit comme faisant partie de la maison, de la famille. Elle l'imagine comme son gendre, et ne désespère pas qu'un jour, sa fille et lui forme un couple à part entière.

- "Aylan Laïla Harris, pourquoi ton misérable petit cul n'était-il pas dans son lit, ce matin?"

L'adolescente soupire longuement, en se déshabillant, dos sa mère.

- "Je t'en prie, Sofia. Tu sais parfaitement que j'ai passé la nuit chez Cam'!" S'exaspère t-elle.

- "Exact, je le sais, mais envoyer un texto, n'a jamais tué personne, chérie." La sonnerie de l'entrée retentit, bientôt suivie des aboiements de Kurt, l'énorme dogue familial.

En se levant, Sofia prend la peine d'embrasser sa fille sur la tempe. Aylan est en train de tenter de faire quelque chose de ses cheveux indomptables, quand sa mère lui apprend, en hurlant bien entendu, que la visite lui est destinée. Attrapant au vol, son sac en bandoulière la jeune fille, descend rapidement les escaliers. Dans l'entrée, se tient studieusement, un grand brun aux cheveux trop longs. Il tente de cacher sa peur face à Kurt, en serrant la mâchoire. Lorsqu'il aperçoit Aylan, qui s'est contenté d'enfiler un jean troué et un débardeur d'une simplicité alarmante, un petit sourire tout à fait craquant se dessine sur son visage d'enfant.

- "Andréaa?" S'enquiert la jeune fille, en marquant une pause au pied de l'escalier.

- "Je me suis dit que peut-être, je pouvais t'emmener au lycée." Avoues t-il avec une timidité attendrissante en passant un main dans ses cheveux.

Andréaa Willburn, est arrivé deux semaines auparavant dans la ville de Nash Hill. Anciennement scolarisé à Los Angeles, il est tombé dans le même cours de photographie qu'Aylan et attache à la jeune fille, une attention particulière. Elle lui sourie en retour, heureuse qu'il soit à ce point prévenant et serviable. Elle embrasse rapidement Sofia, alors qu'Andréaa lui ouvre la porte passager d'un vieux cabriolet qu'elle adore. Elle apprécie aussi d'entendre dans l'autoradio du jeune homme d'anciens morceaux de rock, sur lesquels elle se met rapidement à chanter. Les cinq minutes de trajet se passent au fil du rire d'Andréaa, et de la voix habituellement timide d'Aylan. Lorsque le garçon se gare sur le parking sur le lycée public de Nash Hill, il sent très vite pesé sur lui un regard lourd de sens. Encore les mains sur le volant, il voit au loin, sur les tables de pierre, Cameron qui l'observe avec une certaine perfidie. Star du lycée, il est pourtant entouré de son équipe de basket, et a sur ses genoux une jolie blonde, sûrement pompom girl.

- "Qui est Cameron Swan, pour toi?" Demandes t-il sans préavis.

Aylan, qui s'apprêtait à sortir du cabriolet repose gentiment ses fesses sur le siège de cuir, et croise le regard de l'homme chez qui elle a passé la nuit. Elle se retourne vers Andréa, sourcils froncés.

- "Vous avez l'air à la fois si proches et si distants... Que réprésente t-il a tes yeux?"

Elle réfléchit une seconde. Ils n'ont jamais cherché à qualifier leur relation. D'ailleurs peut-on vraiment la nommer? Ils possèdent bien trop d'intimité pour qu'elle puisse le voir comme un frère, elle partage bien plus avec lui que son lit et ne peux donc pas l'appeler amant, ils sont trop proches pour être amis, trop secrets pour être un couple. Aylan décide de mentir, bien que cela gêne d'agir ainsi.

- "Rien." Et tout à la fois s'empresse t-elle de penser, ne serait-ce que pour sa conscience.

Un gigantesque sourire se dessine alors de nouveau sur le visage d'Andréaa, et Aylan se dit soudainement, que pour une telle récompense, cela vaux la peine de ne pas dire la vérité. Rapidement, le jeune homme sort de la voiture, et la contournes pour ouvrir la porte à l'adolescente.

- "Il ne me cassera donc pas la gueule si j'ai l'audace de t'inviter à une soirée, ce soir?"

Aylan se sent rougir. Elle baisse la tête pour la secouer, façon d'accepter la proposition. Andréaa part alors dans un gigantesque éclat de rire cristallin, que la jeune fille se surprend à adorer. Lorsque le jeune homme entremêle timidement ses doigts a ceux d'Aylan, l'adolescente croise de nouveau le regard de Cameron, mais le surprend surtout en train de serrer les poings. Trop soucieuse de lui faire du mal, Aylan rompt l'étreinte qui la lie a Andréaa, lui offrant en contre partie l'un de ses rares sourires sincères, qui font d'elle quelqu'un de plus sublime encore qu'en temps normal. Elle s'écarte doucement de lui, et balançant ses cheveux en arrière. Après un vague salut, auquel il répond gracieusement. Aylan est quelqu'un qui parle très peu. Ce n'est pas une question de timidité. Elle n'a juste pas envie d'embêter les gens avec ses histoires de coeurs brisés, de cerveau déglingué et de doutes constants. Alors elle se contente d'écouter les autres dans un silence permanent. Un silence, qu'une seule et unique personne auquel sait donner un sens. Des non-dits, qu'une seule et unique personne peut traduire. Un mutisme que seul Cameron peux comprendre, peut analyser sans erreurs. On rêve tous, d'une personne qui termine nos phrases, qui saisit notre nécessité du jardin secret, qui sait lire entre nos lignes, comprend notre ironie, et qui nous serre plus fort, quand on vient de hurler qu'on le déteste. Il arrive parfois qu'on appelle ça un âme soeur.


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# Posté le jeudi 26 février 2009 16:45

Modifié le lundi 02 mars 2009 07:01

EPISODE 1 - PARTIE 3

EPISODE 1 - PARTIE 3
EPISODE 1 - PARTIE 3

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Episode 1 : [ Si tu n'existais pas... ]

Musique : [ Craig Armstrong / This Love ]

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En temps normal, elle lui aurait balancé quelques sourires. Dans les cours qu'ils avaient en commun, elle lui aurait envoyé un petit mot. Et avec sa perversité naturelle dont personne ne se doute, Aylan, l'aurait même attiré discrètement dans les toilettes pour filles, et ils se seraient secrètement embrassés, comme des enfants. Mais, aujourd'hui, rien. Et Cameron sait probablement que la soudaine insistance d'Andréaa y est pour quelque chose. Ce qui ne fait qu'accroître la culpabilité d'Aylan. Depuis ce matin, elle ne lui a pas adressé la parole. Elle s'est même contentée d'un sourire gêné, quand elle a préféré monter dans la voiture du grand brun, plutôt que dans celle de son amant. Et là voilà, a présent, au milieu d'une foule de gens dont elle ignore l'identité. Elle ne regrette pas d'être ici. Elle ne se sent pas perdue, non plus. La main d'Andréaa dans la sienne l'aide à trouver sa place. Elle apprécie sa compagnie, et ses petites attentions touchantes. Et puis ils partagent tous deux la même passion pour la musique, pour la photographie. La soirée bat son plein, la musique est dégueulée par milliers de décibels, et l'alcool coule a flot. Alors qu'Andréaa disparaît pour aller chercher un verre, après un furtif baiser sur la joue, Aylan décide de visiter les lieux. Jolie maison. Dans le couloir a première vue désert, elle est happée dans ce qui semblerait être une chambre. Une main s'est posée sur sa bouche pour l'empêcher d'hurler, et l'autre s'est claqué sur ses reins, pour la plaquer contre le mur. Le ravisseur se recule, la libérant.

- "Cameron?" Murmure t-elle stupéfaite.

- "C'est qui ce gars?" Grogne t-il, en se rapprochant un peu.

Mais trop exaltée, par toutes ses heures passées sans lui, Aylan le visage du jeune homme entre les mains, s'abbat sur lui dans un soupire de désir. S'en suit alors un ardent baiser passionné, auquel Cameron participe avec rapidité. Il gémit en portant la jeune fille, qui entoure ses jambes autours des hanches du garçon. Alors qu'elle plante ses phalanges dans ses cheveux trop longs et ébouriffés, il la fait doucement basculé dans le lit inconnu. Une main impétueuse s'aventure sous la robe qu'Aylan a prit la peine d'enfiler un peu plus tôt. Il effleure sa cuisse, puis remonte le long de ses hanches, tandis qu'elle frémit de soif de lui. La sensualité évidente s'évanouit brutalement au son de la voix, légèrement criarde de Joyce, cherchant à tout prix, son cher et tendre. Celui ci se laisse tomber dans un soupire. Aylan rit doucement, en l'embrassant une dernière fois, et les deux amants se lèvent dans un même geste, connaissant la procédure d'urgence. Elle reboutonne la chemise du jeune homme, et défait les plis, que son corps contre le sien a provoqué. Elle s'adosse au mur, caché par la porte.

- "Minuit?" Chuchote t-elle, alors qu'il regagne le couloir.

Il hoche la tête en appelant sa petite amie. Elle sourit, heureuse, regagnant la foule, quand deux bras enserrent fermement ses hanches. Elle reconnaît à la chaleur des baisers déroutants, qui se dispersent dans son cou, que Cameron n'en ai pas le donneur. Elle se tourne et cède enfin aux longues avances d'Andréaa, en se relevant sur la pointe des pieds pour leur premier baiser. Furtif, maladroit. Mais surtout tendre. Elle se sent l'âme d'aimer ce soir. Il se recule avec cet habituel sourire craquant, heureux de la tournure de la soirée. Il commence à se faire tard, et le galant cavalier propose à la jeune fille de la raccompagner. Elle acquiesce, en se mordant la lèvre inférieure. Devant chez Joyce, quelques minutes plus tard c'est une autre histoire. Le 4x4 se gare doucement dans la petite rue. Toutes les maisons sont semblables, et Cameron n'aime pas vraiment cet endroit. Il donne à sa petite amie un furtif baiser avant de lui souhaiter une bonne fin de soirée. Elle se recule, sourcils froncés. Elle l'a trouvé distant toute la journée, mais là, il devient carrément froid.

- "Tu ne veux pas entrer?" Demande t-elle d'une petite voix en posant une main sur la cuisse du jeune homme.

Il s'éclaircit la voix, l'air gêné.

- "Joy, on en a déjà parlé..." Murmure t-il, désolé.

La jeune blondinette se recule brutalement, frustrée.

- "Merde, Cam', ça fait 7mois qu'on est ensemble, il serait peut-être temps de..."

- "Je ne suis pas prêt."
La coupe t-il soudainement.

Elle se laisse tomber dans le siège dans un soupire. Elle ramasse son sac, à ses pieds, et claque la portière en sortant du véhicule. Elle voudrait lui hurler, qu'elle, elle est prête, et qu'un de ses jours, un autre le sera pour elle, mais elle l'aime, et accepte tant bien que mal ce blocage. Il attend qu'elle soit rentrée pour redémarrer. Minuit cinq. Il se dépêche, pensant trouver Aylan dans sa chambre. En réalité, elle est occupé ailleurs, à quelques centaines de mètres de là, dans la voiture de son récent petit ami. Il y a un moment, qu'ils profitent de ce tout nouveau pouvoir qu'ils ont l'un sur l'autre. Enfin, ils se détachent l'un de l'autre.

- "Je viens te chercher pour aller au lycée, demain?" Murmures t-il en effleurant la joue de la jeune fille.

Elle hoche la tête dans un sourire, se penche de nouveau sur lui pour un dernier baiser, et descend du cabriolet. Aylan fait semblant de rentrer chez elle, mais attend que le bruit du moteur soit assez loin, pour courir, jusqu'à la villa Swan. Elle entre sans un bruit, évite de se faire remarquer lorsqu'elle passe devant le salon, où Louane s'est endormie sur le canapé, et ouvre la porte de la chambre qu'elle occupe la plupart de ses nuits. Les parents de Cam' et Lou, ne sont jamais présents, faisant tous deux parties du domaine très prisé du cinéma. Ce sont des gens respectables, qui souhaitent à leurs enfants, une vie normale, c'est pourquoi ils les laissent ici, à Nash Hill. Cameron lui tourne le dos, le drap tiré sur ses larges épaules. Aylan enlève sa robe, et s'insinue doucement dans le grand lit. Elle soustrait la proximité, et colle son corps contre celui du jeune homme. Cameron finit par se tourner, et elle pose sa tête sur sa poitrine alors qu'il l'entoure d'un bras protecteur.

- "Petit ami?" Demande t-il seulement.

Elle se resserre un peu plus contre lui. La rapidité avec laquelle les choses se sont passées, lui donne le vertige. Elle n'est pas habituée à cela, elle qui fait tout pour garder son image de petite fille sage. Elle hausse une épaule, les lèvres pincées.

- "On s'est embrassé." Cameron serre les dents. "J'ignore ce que ça donnera." Explique t-elle doucement.

- "Invite le à dîner." S'empresse t-il.

Elle se recule.

- "C'est une blague?"

- "Non, vraiment. Toi, moi, Andréa et Joyce, demain soir, ici. On fera plus ample connaissance."

- "Cam', non! Tu vas encore..."

- "Je te promet d'être sage."
S'affaire t-il dans un sourire suppliant.

Parce que ils savent tous deux, que l'histoire, s'est déjà produite. Aylan rencontre un jeune garçon, qui lui plait. Le jeune homme finit par rencontrer Cameron, qui ne le juge pas assez bien pour son Aylan. Alors Cam' marque son territoire, trace des limites, effraye le prétendant à son trône, qui finit par déguerpir trouvant la relation entre Cameron et Aylan trop ambiguë. Elle accepte d'un signe de tête, la peur au ventre tout de même : Andréaa est un brave type. Elle repose sa tête sur son amant, et soupire longuement. Finiront-ils par vivre de quelque de "normal"? Par être heureux ensemble? Ou avec quelqu'un d'autre? Chacun aime l'autre au point de sacrifier son propre bonheur aux dépens de celui de l'autre. C'est tellement destructeur. Tellement romantique et tellement triste à la fois. Sans vouloir mettre de mots là dessus, ils savent tous deux, qu'une épée de Damoclès attend patiemment de leur tomber dessus. Tout cela sera bientôt finit, ils le savent. Et ce qu'ils craignent, c'est la cause. Dans le meilleur des cas, l'un des deux mettra fin à cette relation, peut-être pour une autre personne. Mais cela parait si irréel. Aucun des deux n'est capable de vivre sans l'autre. Et dans le pire des scénarios, l'amour interdit prendra fin, lorsque le décès d'Aylan sera annoncé. Et indéniablement, celui de Cameron, qui mettrait immédiatement fin à ses jours.

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# Posté le samedi 07 mars 2009 04:56

Modifié le dimanche 08 mars 2009 10:47

EPISODE 1 - PARTIE 4

EPISODE 1 - PARTIE 4
EPISODE 1 - PARTIE 4

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Episode 1 : [ Si tu n'existais pas... ]

Musique : [ La Rocca - Non Believer ]

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Cette nouvelle journée avait été bien différente. C'était Aylan qui avait insisté pour traîner au lit, avant que Louane, ne les sacque. Et puis elle avait couru jusqu'à chez elle, à temps pour grimper dans la décapotable d'Andréaa qui l'embrassa tendrement dans un sourire. La nouvelle avait fait le tour du lycée. Aylan Harris, dont personne ne connaissait le secret, était depuis toujours aux yeux des autres, cette petite artiste torturée et stéréotypée des séries américaines. Mais elle était avant tout, totalement inaccessible. C'est pour cela que la voir main dans la main, avec le petit nouveau, en avait décontenancé plus d'un. Mais Aylan n'en avait pas pour autant oublier Cameron. Elle lui avait envoyé quelques sms plaisants, avait innocemment lié ses doigts dans ceux du jeune homme dans la file du self, à l'heure du déjeuner, et l'avait embarqué dans la salle audio, un peu plus tard. La journée avait été pour elle amusante, mais les cours a présent finie, elle ne peux s'empêcher de redouter la soirée à venir. Pour une fois, elle rentre seule chez elle, et court se préparer à l'étage. Une fois sortie de sa douche, elle enfile une robe légère et noue ses cheveux dans une queue négligée. Sofia la hèle de compliments, et lui apprend qu'une voiture vient de se garer devant la maison. L'adolescente embrasse sa mère, et monte de nouveau dans le cabriolet. Compliments, de nouveau. Ils sont à quelques pâtés de maison quand elle lui donne les dernières instructions.

- "Quoi d'autre, à savoir?" Demande t-il, amusé.

- "Hum... C'est probable qu'il est demandé à Louane de rester." Pour le forcer à se contrôler, pense t-elle.

- "Louane?"

- "C'est la grande soeur de Cameron : Elle a 23ans, est psychologue pour enfants, et est très féroce, ne te fie pas à sa petite taille."

Andréaa laisse échapper un rire léger, quand il se gare. Elle remarque alors que pour l'occasion, il a enfilé une chemise. Cela ressemble a un traditionnel dîner chez les parents. Mais il n'en est rien, désespère t-elle.

- "Et si je ne lui plait pas? C'est fini entre nous, c'est ça?" Questionne le grand brun dans un sourire.

Elle sonne, ce qu'elle ne fait jamais en temps normal. Il croyait avoir plaisanté, mais le sérieux d'Aylan commence à l'inquiéter.

- "Ce n'est pas aussi simple." Souffles t-elle dans un murmure.

Avant qu'Andréaa n'est eu le temps de réagir, Louane a ouvert la porte, tous sourires, et est enthousiaste de peut-être rencontrer la fin des problèmes, sous la forme d'Andréaa. Une froide poignet de main s'échange entre les deux hommes. Quand à Joyce et Aylan, elles se contentent d'un sourire. Les deux jeunes femmes ne se sont jamais appréciées. Elles se contentent de se supporter, l'une et l'autre, pour un même homme, qu'elles aiment. Louane saute partout, gaie comme jamais. Elle leur propose d'entrée, de se rendre au salon. L'atmosphère se détend, au fil du temps, et la conversation est animée. Parfois trône une certaine compétition, qui s'éteint rapidement, et de temps en temps, Cameron serre les poings, à la vue d'un baiser, d'une caresse. Au bout d'un moment, le jeune homme annonce qu'il sort dehors, fumer une cigarette, et en bon convive, Andréaa se propose de l'accompagner. Le vent souffle violemment sur Nash Hill, et ça n'a rien de rassurant. Cameron s'adosse sur le rebord d'une fenêtre en allumant sa clope alors qu'Andréaa sautille d'un pied à l'autre, transi par le froid. Cameron tire lentement sur son filtre et recache la fume abondament avec une paresse qui lui est rare. Il gratte sa joue mal rasée, l'air peu sûr, ce qui n'est pas dans ses habitudes. Puis il fait un pas en avant, s'approchant d'Andréaa.

- "Si tu t'avises de lui faire du mal, je n'aurais absolument aucun remord a te briser le crâne, c'est compris?" Articule lentement, sans avoir l'air d'énoncer une menace.

Il n'attend pas la réaction du jeune homme, trop surpris, pour balancer son mégot sur le sol goudronné, puis de l'écraser. Il tourne les talons, et prépare son plus beau sourire a servir, aux femmes qui l'entourent, chaque jour. Tous passent à table, et Andréaa est devenu silencieux. Cameron, lui, par contre, parait très heureux, à l'instar de sa soeur.

- "Alors, Andréaa, combien de temps comptes tu tenir, avec Aylan?" Demande t-il, en se servant de la salade.

- "Cameron!" Le reprend la concernée, alors que Louane s'est déjà occupé de lui flanquer un bon coup de pied dans le tibia.

- "Jusqu'à ce qu'elle en ai assez de moi." Murmures tout de même Andréaa, en prenant la main d'Aylan.

- "Bon, ben, c'est cool : On en a plus pour très longtemps à voir ta gueule, alors." Peste de nouveau le jaloux.

Joyce, silencieuse, bouillonne de l'intérieur.

- "Maintenant ça suffit!" S'écrie Aylan en se levant bruyamment.

Mais en une seconde la jeune fille retombe sur sa chaise, dans une inconscience minime. Sa main sur son front, elle est proche de l'hécatombe, et soupire de douleur. Cameron disparaît dans la cuisine, alors que la malade, commence à suer à grosses gouttes.

- "Cameron..." Appelle t-elle, dans un murmure.

Le jeune homme revient près d'elle, et ne se prive pour écarter Andréaa au passage.

- "Cameron, ma tête..." Chuchote t-elle, au bord des larmes.

- "C'est bon, ma puce, je suis là, tout va bien." Murmures t-il, en posant un linge froid sur son front.

Puis il s'accroupit près d'elle, et lui donne deux comprimés blancs avant de se retourner pour prendre un verre d'eau sur la table. Il l'amène à ses lèvres, puis pose une main sur sa joue. Elle est brûlante : C'est une de ses crises.

- "On va t'emmener à l'hôpital, Ayli : Tout ira bien." Continue Cameron.

- "A l'hôpital, pour une migraine?" Demande doucement Andréaa.

Cameron grogne, ne désirant pas exprimer plus, de l'agacement que lui apporte le photographe amateur.

- "Aylan est malade!" Est fière de divulguer Joyce.

A l'inquiétude, qui se lit sur le visage de Cameron, d'ordinaire si confiant, Andréaa sait que quand Joyce a dit "malade", elle ne voulait pas parler d'une petite grippe. II se recule, désormais plus en confiance.

- "Regarde là, elle a déjà repris des couleurs. C'est inutile de l'emmener où que ce soit : Tu vas angoisser Sofia plus qu'autre chose." Murmures Louane en posant une main sur l'épaule de son frère.

Cameron hésite, puis hoche la tête doucement. Il passe ses bras autours de ce corps menu qu'il connait secrètement par coeur. Il la porte, comme on porte une jeune mariée, et l'amène jusqu'au salon où il la pose avec toute la tendresse dont il est doté, sur le canapé. Les yeux fermés, la jeune fille, se place instinctivement en chien de fusil. Son protecteur se penche sur elle, pour remonter sur ses épaules une vieille couverture a carreaux, dans laquelle ils se glissent habituellement tous les deux. Il s'assied sur le parquet, en caressant les cheveux trempés par la sueur, de l'adolescente. Avec une douceur, que ni Andréaa, ni Joyce ne soupçonne, il pose son front contre celui de la petite chose fragile, que chacun regarde, déboussolée. A chaque fois qu'elle a une crise, ça a un effet de piqûre de rappel, sur Cameron. Comment pour lui dire encore, comme si il avait oublié : Ca ne sera pas éternel. Et chaque fois ça lui fait plus mal encore. Rien absolument rien, n'est aussi douloureux, pour Cameron que l'absence envisagée d'Aylan. Ni la consternation de Louane, ni le souvenir d'un frère, ni le souvenir d'un meilleur ami qui n'est plus, ni la haine envers des parents biologiques l'abandonnant. Non. Rien n'est comparable, a ce qui se produit dans ses entrailles, à chaque fois qu'il la voit sourire. Il sait bien, qu'il ne se remettra de sa disparition mais si il en avait l'envie. Aylan et Cameron, savaient dès le début qu'ils n'étaient pas des amoureux ordinaires. D'abord, ils s'aiment plus que de raison, plus que la normal, et ce sont déjà prouvés que cette passion était destructrice. Et puis, le destin s'est acharné. Il ne les laissera pas s'aimer dans une liberté certaine. Jusqu'au bout, ils se battront contre du vent, sachant pertinemment, que seul le néant sera l'endroit propice pour vivre pleinement cet amour inconditionnel.

# Posté le mercredi 11 mars 2009 10:02

Modifié le mercredi 11 mars 2009 15:59